« Depuis la "révolution conservatrice américaine" et l’offensive néo-libérale, dont les effets ont été accentués avec l’écroulement du "socialisme réel" des pays de l’Est, il est devenu quasi honteux de défendre et de promouvoir une action publique volontaire. La nouvelle orthodoxie prétend cantonner le rôle de l’État moderne, et plus généralement de toute instance publique, à celui d’« État minimal » et exalte les vertus d’un marché-roi idéalisé. Nombreux sont ceux qui ont intériorisé le syndrome de l’“État-modeste”.
« Cependant on ne peut se contenter d’une critique globale du néo-libéralisme, car le succès de ses thèses vient de ce qu’elles mettent l’accent sur de réels problèmes. Dans notre pays le vent libéral et les excès de l’“étatisme à la française” s’auto-aliment et le néo-libéralisme n’est fort que de la faiblesse de ceux qui s’y opposent, il occupe le vide laissé par les échecs et les impasses de ceux qui ont survalorisé l’État comme instrument du changement social. Dans chacun des arguments présentés par les thèses libérales il y a une part de vrai, et c’est le fait de refuser d’apporter des réponses qui permet de présenter le libéralisme comme une alternative globale. Il faut donc accomplir deux tâches à la fois : une critique globale du néo-libéralisme dans toute sa complexité, et une correction des excès de l’étatisme. »
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